Les plats typiques de la cuisine mahoraise : Top 5 des Plats Mahorais

Histoire de la cuisine à Mayotte

Vous vous êtes déjà demandé comment à l’époque nos parents ou même nos  grand-parents ont eu des idées de recettes  savoureuses ? 

Certaines personnes pensent que les spécialités culinaires leurs sont venues comme ça, ou bien même que c’était  naturel de savoir mélanger les épices pour faire un bon plat typique mahorais ; sûrement pas…

Vous êtes sur le point de découvrir l’histoire de la cuisine mahoraise, comment nos parents ont su marier les saveurs, cuisiner des plats traditionnels et faire de la gastronomie mahoraise la richesse d’aujourd’hui !    

Avant que l’import export arrive à Mayotte, nos ancêtres n’avaient d’autres choix que de cultiver les aliments qui leur permettraient de se nourrir. Les Mahorais ont commencé à planter des légumes, des fruits, des céréales et des tubercules. 

Peu à peu, ils se sont aussi mis à l’élevage des bovins, des ovins et de la volaille. 

Lors des organisations des repas de fête, les habitants se concertent pour savoir ce qu’ils pouvaient rassembler pour cuisiner. 

Les ingrédients de base de leurs cuisines étaient : le riz, la noix de coco, les tomates, le safran, le poivre, les oignons, les plantes comestibles (brèdes) et la viande de bœuf. 

Le but était de trouver des recettes variées pour faire des plats différents. Aujourd’hui, cela paraît évident, car nous connaissions déjà la particularité de chaque ingrédient. 

Imaginez-vous qu’à l’époque, ils devaient trouver le bon mariage des épices pour pouvoir trouver l’équilibre parfait dans les plats. 

Au fur et à mesure des tests culinaires et des habitudes alimentaires, les Mahorais ont fini par réaliser des spécialités qui placent la cuisine mahoraise parmi l’une des gastronomies à découvrir de l’océan indien.

Pour qu’une fête soit réussie il faut juste que ces spécialités soient présentes :  le riz au coco, le lait caillé, les feuilles de manioc au coco  et le kangué (viande de bœuf cuite jusqu’à ce qu’il n’y a plus d’eau).

Pour donner une petite touche finale à leur repas, leur boisson était du tremboutam (boisson à base de coco). D’ailleurs de nos jours, cette boisson est toujours autant consommée. 

La noix de coco est l’un des produits phares de la cuisine mahoraise. En effet, elle ne s’utilise pas uniquement dans les recettes ; les Mahorais en font la fabrication d’huile pour le corps et pour les cheveux.

D’ailleurs dans la suite de cet article, on découvrira ensemble pourquoi les Mahorais intègrent toujours le coco dans leur recette et quels sont les bienfaits de la noix de coco ? 

Top 5 des spécialités à Mayotte

Mayotte fait partie de l’archipel des Comores constitué de quatre petites îles. Leurs alimentations et leurs spécialités sont  quasiment similaires, la cuisine de ces îles tourne autour des mêmes bases de produit et d’ingrédient. 

D’ailleurs  nous allons découvrir ensemble le TOP 5 des spécialités de Mayotte.

Nous retrouvons en premier la noix de coco. 

1-Les plats à base de noix de coco

La noix de coco est le fruit du cocotier, elle contient un endocarpe qui est difficile à casser  et qui enveloppe l’amande. À l’intérieur, on découvre une pulpe blanche et sucrée. 

La noix de coco est devenue un produit phare de la cuisine mahoraise grace à de ces bienfaits. 

Les plats principaux au coco à Mayotte

  • Le mataba : ce sont des feuilles de manioc pilées avec des oignons et de l’ail.  Le mataba est cuit avec le lait de coco jusqu’à ce que la préparation soit sèche.   La cuisson du mataba est très longue et demande beaucoup de patience.  Il nécessite une cuisson à feu doux lorsque le lait de coco est complètement réduit.  En général, on le consomme le lendemain de la cuisson  avec du riz blanc et un achard au citron. C’est un véritable délice !
  • Le riz au coco : riz à base de lait de coco et du sel. Ce plat est généralement servi lors des grandes festivités en particulier pour les mariages. Le riz au coco s’accompagne généralement avec le kangué ou le lait caillé. 
  • La banane au coco : les bananes vertes et les maniocs sont mijotés ensemble avec de la viande de bœuf ou du poisson. Ce plat est très facile à réaliser, car il ne nécessite pas beaucoup d’ingrédients.  Selon mon opinion, nous apprécions mieux les saveurs et le doux parfum de coco lorsqu’on le mange tiède. Vous pouvez accompagner ce plat avec une sauce piment. 

Bien évidemment, il existe d’autres plats à base de coco. 

2-Le kakamoukou

Après l’avoir écaillé et vidé, les Mahorais prennent le temps de cuisiner  et de savourer leur poisson sans enlever aucune partie car tout se consomme sur cet animal aquatique. D’ailleurs la partie la plus appréciée et la tête du poisson.

Le kakamoukou est la spécialité de la cuisine mahoraise. C’est une soupe de poisson cuite avec des oignons, de l’ail, du curcuma, du piment et du citron. Le kakamoukou s’accompagne avec les bananes vertes en friture ou à la vapeur.  

Le kakamoukou est très consommé durant la période de ramadan ou lorsqu’on reçoit des invités. 

Pour cuisiner ce plat, les Mahorais favorisent la dorade rouge. Mais,  le kakamoukou se cuisine très bien avec d’autres poissons comme le vivaneau (un poisson qui a énormément de goût et que j’aime beaucoup). 

Accompagnez votre plat avec une sauce piquante que vous aurez écrasé à la façon mahoraise et surtout n’oubliez pas d’ajouter le citron galet. 

À l’heure où je vous écris, j’en ai l’eau à la bouche. 

D’ailleurs à la fin de l’article, je vous dévoile mes deux plats préférés. 

Le poisson peut être aussi intégré dans d’autres aliments comme le brède : autres plats à base de poisson . 

3-les brèdes : ( Féliki)

Tout d’abord il faut savoir que le mot “bréde” est un nom typiquement français de l’océan indien.

Ces feuilles de légumes comestibles sont consommées dans les pays tropicaux. Ce terme brède est utilisé dans les Mascareignes , Seychelles et Madagascar. 

En général ce mot est associé en qualificatif par exemple : brède mafane , brède morelle, brède manioc.

 Les brèdes se cuisinent de différentes manières : 

  • En bouillon : la brède va être mise dans beaucoup d’eau et ajouter à des tomates fraîches, des oignons et du sel. 
  • Le Romazava : c’est la cuisson de la brède que je préfère : cette préparation nécessite de faire mijoter  de la tomate fraîche ou en conserve,  des oignons, du sel, et on y ajoute soit du poisson soit de la viande de bœuf. 
  • En fricassée : cette cuisson du bréde nécessite juste de le faire revenir dans de l’huile tout en ajoutant des tomates, des oignons, du sel. 

À  Mayotte, les brèdes sont consommés le soir, pour faciliter la digestion, en effet ces brèdes ont énormément de bienfaits, ils sont rafraîchissants, et permettent de nettoyer l’estomac. 

La brède se mange avec du riz et s’accompagne avec du piment. 

4-les légumes fruits et les tubercules de Mayotte

À Mayotte, il existe au moins  une cinquantaine de variétés de bananes et 17 variétés de maniocs, quelques variétés d’arbres de fruit à pain, et des patates douces.

Pour leur consommation locale, les mahorais cultivent beaucoup ces aliments. 

On trouve facilement ces tubercules dans les marchés à des prix raisonnables. 

Les Mahorais font différentes plats avec ces légumes  :

  •  Le bata-bata est appelé ainsi, lorsque l’aliment est bouilli juste avec de l’eau et parfois du sel.  En effet, tous les aliments cités au début peuvent se cuisiner en bata-bata et l’accompagner avec la viande de votre choix. 
  • Le firiri : cette appellation est employée lorsque l’aliment est frit. Les bananes vertes et les tubercules peuvent être cuits ainsi juste en ajoutant du sel, du curcuma et du poivre. Cette méthode de cuisson est très appréciée par les enfants, car on a l’impression de manger des chips de banane. On peut accompagner les frites de bananes avec du poisson frit et du rougail.
  • Le mtsolola (soupe) : c’est un genre de soupe de banane verte et de manioc mijoté dans de l’eau, des tomates, du curcuma, de l’ail, des oignons et du poisson ou de la viande de bœuf. 
  • Au coco : la banane au coco se cuisine régulièrement par les Mahorais. Le fruit a pain et la patate douce au coco sont très rares, mais cela se fait également. 

Ces plats sont consommés quotidiennement par les Mahorais et possèdent beaucoup de bienfaits. 

Le fruit à pain grillé sur la braise est ma cuisson préférée. J’aime cette texture crémeuse du fruit à pain lorsqu’il est cuit et je l’accompagne toujours avec une sauce pimentée faite maison. 

5-La viande de bœuf

Aujourd’hui, le zébu mahorais est menacé de disparition, mais les Mahorais  en consomment toujours pour chaque événement. 

Avec cette viande les Mahorais on en fait une spécialité qui est consommée particulièrement lors des mariages ou autre grande festivité.

Le kangué : appelé ainsi pour définir le mode de cuisson de la viande. Le kangué est cuisiné à feu doux avec pour seuls  ingrédients : des oignons et du sel,  sans ajouter la moindre goutte d’eau. 

Le kangué peut être accompagné avec tout ce qu’on désire : riz, manioc, banane verte, patate, fruit à pain. 

Autres aliments consommés à Mayotte

Le riz

À l’époque Mayotte comptait sur sa production pour se nourrir, mais aujourd’hui cette tradition de cultiver le riz est en voie de disparition. 

Le riz possède énormément de bienfaits, il est énormément consommé par les Mahorais.

Les plats à base de riz sont : 

  • Le pilao : c’est du riz basmati cuisiné  dans une sauce avec de la tomate concentrée, des oignons, de l’ail, du curcuma, du poivre et des morceaux de viande. Ce riz est  un peu comme la paella. 

  • Le riz au coco : le riz est cuisiné dans du lait de coco 
  • Le sousouwa : riz cuisiné avec beaucoup d’eau, ce plat est consommé le matin  au petit déjeuner.

Le riz basmati est mon riz préféré car il est très parfumé, léger et agréable en bouche. 

les grillades (voulé) :pique-nique sur les plages.

À Mayotte ce barbecue traditionnel qu’on nomme le voulé est devenu une habitude pour les Mahorais à chaque fin de semaine. 

Le voulé est organisé entre famille et amis sur  les coins des  plages afin de se retrouver, pour se détendre et passer de bons moments autour de jeux divers. 

Les viandes du barbecue

  • Cuisse et ailes de poulet 
  • Brochette de viande de boeuf 
  • Poisson 

Ces aliments vont être marinés avec des oignons, de l’ail, du sel, du poivre  et un peu de piment.   Pour que les aliments imprègnent bien les saveurs et que le barbecue soit encore meilleur, j’assaisonne mes viandes la veille et je laisse reposer au frais. 

Ces viandes vont être accompagnées avec des bananes frites, des maniocs frits ou des fruits à pain grillé. 

On retrouve aussi les grillades à toute heure de la journée chez les “mamans brochette”, ce sont des restaurants rapides qu’on retrouve à chaque coin de rue dans les villages.  

Les fruits de mer 

Que ce soit des poulpes, des bigorneaux ou encore des coquillages, les fruits de mer restent un produit très accessible à Mayotte. 

Dès que la marée est basse, les Mahorais vont à la pêche pour chercher ces fruits de mer. 

La cuisson de ces fruits de mer : 

  • Le poulpe en sauce (le pwedza) : le poulpe est mijoté dans de la sauce tomate, de l’oignon, de l’huile, du poivre et du sel. La cuisson doit être sur un feu moyen pour laisser le temps aux ingrédients de bien s’imprégner. C’est ma  préparation préférée du poulpe. On peut également  la cuisiner d’une autre manière, par exemple avec du lait de coco ou la faire griller. 

  • Le bigorneau  : après  avoir lavé soigneusement les bigorneaux plusieurs fois dans le l’eau. Il faut dégorger les bigorneaux à l’aide d’un pique à bigorneau ou tout simplement une épingle à nourrice. À Mayotte le bigorneau est cuit avec de la tomate, du sel, du curcuma, du citron et du bilimbi.

Les fruits de mer peuvent être  conservés pour pouvoir profiter toute l’année.  

Les accompagnements ou sauces


Les accompagnements très piquants et moins piquants.
 

  • Les antchars ( achard ) : les achards peuvent être au citron,  à la mangue, à la papaye ou autre aliment. Pour faire les antchars on doit macérer les ingrédients ensemble et rajouter du piment à votre convenance. 
  • La pâte de piment : c’est du piment  qui est mixé avec des oignons, du sel, du citron, de l’ail pour former une pâte. 
  • Rougail tomate : le rougail tomate c’est tout simplement des tomates râpées avec des oignons coupés en dés, avec du sel et un peu de piment. 

Je vais vous dévoiler mes deux plats préférés :

  • Mon premier plat préféré : j’aime beaucoup manger le riz blanc avec les feuilles de  manioc au coco accompagné d’un bon achard au citron et un peu de pâte de piment. 
  • Mon deuxième plat préféré est la grillade : les bananes en friture et les brochettes de bœuf, j’aime sentir l’odeur de la fumée des grillades. Ce plat s’accompagne avec un délicieux piment. 

 La cuisine mahoraise est une cuisine exotique remplie de saveur, ce qu’il faut retenir de cet article c’est que : 

  • La gastronomie mahoraise est très variée et il y en a pour tous les goûts ; 
  • Les plats sont très rapides et faciles à réaliser
  • Les ingrédients sont simples et faciles à trouver
  • La cuisine mahoraise est délicieuse et savoureuse. 

Si vous voulez découvrir en profondeur les secrets de la cuisine mahoraise, je vous invite à aller visiter ma boutique ou vous pourrez trouver des livres pour réaliser vos plats en toute confiance. 

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